En traversant à nouveau la Garonne sur le pont des Catalans, vous trouverez le charmant quartier des Amidonniers, situé au nord-ouest de la ville entre la Garonne et l'agréable canal de Brienne.
Le quartier des Amidonniers fut longtemps un lieu de passage pour les paysans de Toulouse. Au Moyen-Age, l’industrie minotière occupe une place prépondérante, les moulins du Château et du Bazacle sont considérés comme le plus grand complexe minotier d’Europe (41 meules au Bazacle en 1863 et une soixantaine d'ânes pour les livraisons).
La construction du canal du Midi, commencée en 1667 et livrée à la navigation en 1681, favorise le développement de l’activité commerciale et industrielle de cette partie de la ville. La création d’un port sur la Garonne, puis la création du Canalet ou le canal de Brienne pour permettre une liaison entre le canal du midi et la Garonne, en amont du Bazacle, facilitent la circulation des bateaux et entraîne l’aménagement de deux ports de Saint-Pierre et de la Daurade sur la Garonne. La construction du pont Saint-Pierre et des pont Jumeaux se situe à la jonction des deux canaux. Au XVIIIe siècle, les Etats du Languedoc et les capitouls ont la volonté de dresser un complexe industriel important de fabrication d'amidon. On crée une rue pour leur service, le premier à s'établir fut le sieur Lagarde. L'espace compris entre la rue des Amidonniers et l'allée de Brienne fut habité par une population ouvrière. Au début, on appela ce quartier, sillonné de rues mal alignées, le quartier del chagrin. En effet, beaucoup d'acquéreurs de petites parcelles n'avaient pu les payer qu'avec difficulté, sous la menace d'être expropriés. Plusieurs centaines d'ouvrières, généralement pauvres, habitaient là, et l'on disait:
Lasfillos des Amidouniès
An pas dé souliès as pès
Lé dimentché ban dansa
Lé dilus an pas de pa.
Les filles des Amidonniers
n'ont pas de souliers aux pieds
Le dimanche elles vont danser
le lundi elles n'ont pas de pain
Cette industrialisation est relayée au milieu du XIXe siècle par plusieurs édifices militaires et industriels dans le quartier : la manufacture du tabac, l’usine à gaz, la central hydro-électrique, les anciennes casernes de Compans Caffarelli, le quartier de l’artillerie, donnent une nouvelle vocation militaire au faubourg. En 1872 on recense jusqu'à 28 usines dans le ramier du Bazacle et le long du Canalet.
Suite au rétablissement par Napoléon 1er du monopole de l'Etat sur l'achat des feuilles, la culture, la fabrication et la vente des tabacs, l'administration des Tabacs acquière en 1810 une ancienne filature située non loin de l'écluse Saint Pierre pour la transformer en Manufacture des Tabacs. Cette usine aura un rôle prépondérant dans le paysage industriel de la ville et ce jusqu'à l'arrivée de l'industrie aéronautique. La manufacture produisit tous types de tabacs jusqu'en 1973 et conserva une activité administrative jusqu'en 1987. Sauvée de la démolition, elle a été rénovée et est occupée depuis 1996 par l'Université des Sciences.
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